archivio

Archivi tag: Simona Polvani


 

Dimanche 25 octobre, j’ai eu l’honneur de pouvoir raconter “l’histoire de l’écriture clandestine* de Gao Xingjian, Prix Nobel de Littérature 2000, à l’époque de la Révolution Culturelle en Chine et de lire un de mes poèmes, intitulé Dans les plis, inspiré par cette histoire, pour le projet #badtimestory de Romina De Novellis et Domus Artist Residency, que je remercie infiniment.
Pendant ce temps de couvre-feu pandémique, à 21h30, j’étais “dehors”, projetée sur un mur de la rue de Seine à Paris, à parler dans le l’air et en même temps visible en live streaming sur Facebook.
Cette présence par la procuration d’une vidéo, dans une ville deserte et désertifiée des humains, ça me paraît avoir le goût tenace d’un acte de résistance. Il se tient à l’espoir et ne renonce à oeuvrer, dans une simplicité, pour continuer à exister. Bravo à Romina pour son engagement dans ces temps si rudes…

* Ce texte, que j’ai écrit, est tiré de ma thèse de doctorat La performativité dans l’oeuvre et la pratique artistique de Gao Xingjian. Le poème Dans les plis fait partie de mon l’installation Dans les plis (poème, papier Fabriano 1.50mx10m, encre de Chine, fusain, 2019).

 

 

©Simona Polvani 2020

Deflagrano risate

risate

deflagrano fuori

dalla finestra

Sonore sillabe gutturali rotonde rotanti

Dalla finestra fuori

irrompono seminando filamenti scie brusii

borboglii

Scardinato ormai è il regno del Silenzio Inamovibile

Talvolta nella distanza – cento metri a volo d’uccello –

accade

una parola non si infrange nell’aria

penetra allora intera di senso nel tuo orecchio – bon, enfin, putain, champagne, virus, covid

vie vie vie

Loro festeggiano – sagome s­hekerate dentro rettangoli luminosi nella notte pesta – La cacofonia della felicità riesumata

Tu ancora

segregata nell’appartamento rimani sempre

più lontana dalla (ad)domestica(ta) vita di un tempo – antropocene ridisegnato con un compasso senza centro

e incomprensibile è la gioia

strozzata dalla paura

Niente è più rassicurante nel presente

ciò che prima era sembra perduto per sempre

l’incoscienza – e il tatto l’olfatto il gusto persino la vista

Il corpo – tradito dal respiro ­–

è divenuto diffidente e         fa barriera

I piedi recalcitranti ti negano la soglia – oltre

NO EXIT

(Neppure l’estate esplosa tutta il 19 maggio)


©Simona Polvani 2020

Il nuovo numero della rivista HYSTRIO – trimestrale di teatro e spettacolo, propone nel numero 3-2020 di luglio-settembre il dossier TEATRO DELLE MIGRAZIONI, curato da Giuseppe Montemagno e Roberto Rizzente.

Al suo interno, trovate il mio articolo Francia: dalla banlieue con furore contro tutte le frontiere del mondo, in cui tratto la questione del teatro delle migrazioni dal punto di vista delle scena francesi, con una panoramica sulle drammaturgie e gli spettacoli di Thierry Thieû Niang, Aziz Chouaki, Sèdjro Giovanni Houansou, Nasser Djemaï, Karima El Kharraze, Penda Diouf, Marine Bachelot Nguyen, Ahmed Madani, Wajdi Mouawad.

Uno sguardo alle azioni portate avanti da realtà culturali quali L’Atelier des artistes en exil, il Festival Visions d’exil, il Théâtre Cinéma de Choisy-le-Roi, Les Scènes Appartagées, Jeunes textes en liberté, il Musée national de l’histoire de l’immigration testimonia della pluralità di prospettive artistiche, sociali e politiche da cui sono affrontati i fenomeni migratori e le peculiari problematiche connesse nel teatro francese.

Potete acquistare la rivista in versione cartacea nelle edicole e libreria in tutta Italia oppure anche in versione digitale (solo 5 euro) a questo link:

https://www.hystrio.it/numero/numero-3-di-luglio-settembre-2020/

A presto!

©Simona Polvani 2020

 

1.

@SimonaPolvani2020 Vista da casa 8_04_2020

@2020 Simona Polvani – Vue du confinement, Paris, 08 avril 2020, horaire: 10:20:24.

 

Aujourd’hui c’est le jour 51 du confinement en France. J’ai lue cette chiffre dans des comptes des ami.es, car en réalité, je ne tiens pas le compte des jours qui passent. Je les sens couler, mais les compter, ça aurait signifié de donner encore plus de lourdeur à une expérience étrange, inédite, effrayante dont j’ignore la fin. Chaque jour, aurait été comme une goutte de la torture chinoise… Alors, je laisse défiler les jours, un après l’autre.
Je me suis concentrée sur ce que je pouvais faire même confinée. Je me suis faite aspirer par “le dedans” de mon deux pièces, où je pouvais respirer sans crainte, et en même temps j’ai recherché parfois discrètement, parfois avidement, tous les signes de vie humaine, animale, vegetale au delà de mes fenêtres.

Oeil rapace, oeil contemplatif.

Et par là, j’ai construit des nouveaux jours, cherchant tenacement ce qui était en mesure de me donner de la joie – ou au moins de limiter l’angoisse – et de lutter contre l’immobilité à laquelle le confinement paraît me condamner (nous condamner).

 

2.

 

 

©SimonaPolvani 2020 - Screenshot 3 video Danza confinata 23_03_2020

©2020 SimonaPolvani – Screenshot video Danza confinata, Paris, 23 mars 2020, horaire: 20:46:00

 

©SimonaPolvani 2020 - Screenshot 2 video Danza confinata 23_03_2020

©2020 SimonaPolvani – Screenshot video Danza confinata, Paris, 23 mars 2020, horaire: 20:46:00

©SimonaPolvani 2020 - Screenshot 1 video Danza confinata 23_03_2020

©2020 SimonaPolvani – Screenshot video Danza confinata, Paris, 23 mars 2020, horaire: 20:46:00

 

Je crois que le fait qu’au moment où le coronavirus a commencé à ravager notre monde, je venais à peine de terminer mon doctorat, a joué dans cette nécessité de chercher, même enfermée, de ne pas “perdre mon corps”. Car je sortais juste d’une longue période d’un different type de confinement et d’immobilité.
J’ai commencé d’abord à marcher dans mon appartement, à faire milles, deux milles, trois milles, jusqu’à sept milles pas, une fois.
Ensuite, j’ai retrouvé la danse que dans la dernière année et demi j’avais presque perdue. J’ai ainsi scandé ces nouveaux jours par des petits rituels de temps dansé grâce aux magnifiques enseignant.e.s, maîtresses et maîtres qui ont converti les ateliers en séance à distance: Antonella De Sarno, et sa danse sensible, Lorna Lawrie, Carey Jeffries, Atsushi Takenouchi avec leurs différentes approches du butō. J’ai commencé à pratiquer du pilates avec la grandiose Caroline Berger (biopilates).
Le dimanche après midi, depuis deux semaines, je voyage idéalement (et pourtant quel bonheur inattendu…) de chez moi à Paris en direction de New York pour participer aux séances de yoga Vinyasa et de méditation animées par Barbara Verrochi et Kristin Leigh auprès de The Shala Yoga House.

Ces séances, de danse, yoga, pilates, se sont toutes transformées dans un formidable moment de vie. Chaque visage des différent.e.s participant.e.s depuis plusieurs pays est ainsi devenu comme une fenêtre ouverte sur le monde. Ce monde, qui m’a semblé de plus en plus insaisissable et menaçant à l’extérieur, a trouvé son miroir rassurant, plein d’espoir, dans ces visages et la portion d’intime – celui de nos maisons et des pratiques somatiques et spirituelles qu’on partage. La “zoomisation” n’a pas signifié une “zombisation”.
L’écran, les live streams, les visioconférences, ne sont non plus pour moi q’un simple moyen de communication. Ils bâtissent, ils sont un véritable espace commun. Il ont fait/ créé “des communautés”.

 

3. 

Parmi les rituels – les passions – que je venais à peine de reprendre avant que le covid-19 nous enfermait, il y avait le théâtre, au sens d’aller voir des spectacles, pas juste de l’étudier. [Les derniers mois de rédaction de la thèse avaient affecté aussi la fréquentations des ces lieux magiques, à la fois réels et utopiques, hélas !]

Une fois confinée, bien qu’abonnée à plusieurs newsletters, peut-être parce que j’étais déjà “au jeune” , je ne me suis pas trop intéressée aux différentes initiatives organisées par les théâtres qui, tout à coup, se trouvaient privés de leurs saisons.
Mais hier matin, pour des recherches liées à un article que je suis en train d’écrire, je me suis rendue sur le site de La Colline – Théâtre National (auquel d’ailleurs, j’ai été abonnée dans les deux dernières saisons).
Mon attention a été attirée par Au creux de l’oreille, que ce théâtre a lancé expressément pour ce confinement, réunissant 200 artistes amis de La Colline, qui offrent au téléphone des lectures de poésie, de théâtre, de littérature, de musique, “pour quelques minutes ou plus”… Il s’agit d’une initiative gratuite et ses artistes se sont tous portés benevoles.
Je me suis inscrite, animée par une certaine curiosité de “retrouver du théâtre”, ou une de ses textures, grâce à la présence de ces êtres mystérieux et fascinants qui sont pour moi les artistes de la scène. J’avoue que je ne m’étais pas plongée sur la longue liste des noms des artistes impliqué.e.s dans ce projet. Ce qui m’intéressais étant le plaisir de pouvoir faire cette nouvelle expérience, d’un théâtre qui vient chez moi, d’un théâtre qui ne se voit pas. Et qui est pourtant vivant, par une présence d’un corps-voix, d’un être voix: c’est ce que je pouvais imaginer.

Mon appel était prévu dans le créneau de 16h à 17h.
À 16h pile mon portable a sonné. Quand j’ai décroché, une voix douce m’a dit bonjour et demandé si j’étais Simona. Elle a ajouté qu’elle appelait pour le théâtre de la Colline. Ensuite, elle s’est présentée: “Je suis JANE BIRKIN“.
Une vague d’émotion m’a saisie. J’ai même pensé, que comme il s’agissait du théâtre, peut-être que non, que la personne qui était en train de me parler, n’était pas JANE BIRKIN, mais qu’il devait avoir eu une pièce (que j’ignorais!) où un personnage était Jane Birkin, et que là, on était en train de me proposer une partie de cette pièce (le cerveau face à l’extraordinaire trouve toutes les raisons pour rendre la réalité invraisemblable, ou bien vraisemblable…).

Jane Birkin m’a proposé des poèmes de Prévert, et notamment Les feuilles mortes, et le texte de La chanson de Prévert de Serge Gainsbourg qui s’en est inspiré, avec d’autres textes de ses chansons déchirantes. Je flottais, je me perdais et retrouvais dans sa voix et les tourbillons de ces poèmes, qui parlaient de distance, de séparation, de fin, de mort et de recommencement. Il y avait la vie, toute entière. À la fin de sa lecture, nous avons parlé, de notre présent, du confinement réciproque. Quand nous nous sommes saluées, c’était comme si la pesanteur avait été retirée de mon corps et la lumière déjà intense éclatait dans mon appartement. Ce n’était pas qu’une voix qui s’était présentée au creux de mon oreille. Tout un univers artistique et humain s’était condensé dans cette voix si parlante. L’art, c’est ça aussi, c’est surtout ça.

Je remercie Jane Birkin pour sa générosité et son indicible sensibilité. Je remercie Wajdi Mouawad et toute l‘équipe de La Colline pour m’avoir permis de faire encore expérience d’un art vivant et d’un moment de vie exceptionnel pour toujours.

 

Jane Birkin & Charlotte Gainsbourg live – 
La Chanson de Prévert, 2 avril 2017

 

©Simona Polvani, 6 mai 2020

La Fuga - regia Lorenzo Montanini

Il testo teatrale Fuga, di Gao Xingjian, nella mia traduzione in italiano, e con la regia di Lorenzo Montanini sarà in scena l’11 e 12 maggio al Teatro Galleria Toledo a Napoli nell’ambito della rassegna “La Cina in Scena”.
Una bella occasione per scoprire questo testo che, scritto qualche mese dopo i fatti tragici di Piazza Tienanmen, parla della perigliosa lotta e conquista della libertà, nella tensione tra individuo, società e poteri dispotici, atti eroici e sopravvivenza.
Il testo è pubblicato dalla Titivillus.

Fuga 
di Gao Xingjian 
traduzione Simona Polvani 
regia Lorenzo Montanini
scene Francesco Felaco
con Riccardo Marotta, Carlotta Piraino, Diego Valentino Venditti

Per maggiori info

sullo spettacolo: https://galleriatoledo.info/cinainscena/

sul testo teatrale:  La fuga di Gao Xingjian | l’inizio del testo teatrale

 

23

Gao Xingjian, encre de chine /inchiostro di china

 

Mon article Le troisième œil dans le théâtre de Gao Xingjian : esthétique d’une dramaturgie augmentée, consacré à la dramaturgie de Gao Xingjian, Prix Nobel de la Littérature, est paru dans “Itinera. Rivista di filosofia e di teoria delle arti”, revue publiée par l’Università degli Studi di Milano.

Voici le lien pour y accéder:  https://riviste.unimi.it/index.php/itinera/article/view/8735

 



Sul N. 13 (2017): Il teatro e i sensi. Teorie, estetiche e drammaturgie di  “Itinera. Rivista di filosofia e di teoria delle arti” (Ed. Università degli Studi di Milano) è stato pubblicato il mio articolo Le troisième œil dans le théâtre de Gao Xingjian : esthétique d’une dramaturgie augmentée, dedicato al teatro dell’artista Gao Xingjian, Premio Nobel per la Letteratura. 

Qui il link per potervi accedere: https://riviste.unimi.it/index.php/itinera/article/view/8735

 

Il n’y a plus. Il y avait jusqu’à avant hier. Il a été détaché, et donc effacé-
Il était un tag, sur le mur de Rue de Gramme, je le voyais en passant, tous les jours, je relevais le regard, et j’étais surprise, je pointais mes yeux sur Gramme, les faisais glisser de coté, pour me faire re-surprendre, et suspendre, en haut, le souffle à trois mètres d’hauteur, moi, étirée, et mes neurones, ceux du sourire, ceux enfin de la peur, ceux des pieds et des jambes, prêts à sauter, à se lever en l’air. Je voulais toutes les fois le photographier, mais non, je n’y suis pas arrivée.

“A CROIRE QUE J’AI INVENTÉ L’AMOUR” *******

À croire que j’ai inventé l’amour.
Il n’y a plus. Un mur gris et bâclé, maintenant, et les yeux bien à hauteur d’homme. Plus du ciel.




 

Non c’è. Più. C’era fino a ieri. Lo hanno staccato, cancellato-

C’era un tag, sul muro di Rue de Gramme, lo vedevo passando, tutti i giorni, alzavo lo sguardo, e restavo sorpresa, puntavo gli occhi su Gramme, li facevo scivolare di lato, per farmi sorprendere di nuovo, e sospendere, in alto, col respiro a tre metri di altezza, allungata, e i neuroni, quelli del sorriso, e persino della paura, quelli che controllano piedi e gambe, pronti a saltare, a levarsi in aria. Ogni volta volevo fotografarlo. Non ci sono riuscita.

“A CROIRE QUE J’AI INVENTÉ L’AMOUR  ******

"POSSIBILE CHE IO ABBIA INVENTATO L’AMORE”

 

Non c’è più. Solo un muro grigio e slabbrato, adesso, e gli occhi ad altezza d’uomo. Non del cielo.


Rue de Gramme, 75015 Paris

par SIMONA POLVANI 

Traduit de l’italien par Simona Polvani et Maria Cristina Mastrangeli
masaki-iwana-en-chair-et-en-son-foto-fabrice-pairault-1

 

 

« Un danseur ne devrait pas danser, il devrait être dansé ». Les mots d’Endo Tadashi, danseur, élève de Ōno Kazuo, résument parfaitement la philosophie de la danse butō.

Le concept d’« être dansé » plutôt que « de danser » renvoie à l’abandon du corps, à la manifestation du mouvement né dans les profondeurs, instinctif, émotif, naturel, et pour cela nécessaire, devant lequel le processus décisionnel et la raison, qui le préside, sont relégués au deuxième plan. C’est dans l’abandon du rationnel que l’improvisation trouve l’espace nécessaire, en tant que composition instantanée et libération des codes. Si cette pratique est l’une des caractéristiques du performatif contemporain lato sensu, de la performance proprement dite au théâtre, de la danse à la musique, elle est la pierre angulaire du butō.

Il m’a été donné de vivre l’expérience de l’idéal sublime du « danseur dansé » en découvrant la danse butō du Japonais Masaki Iwana dans la performance PH 27-80 : Musiques Utopiques en clôture de l’édition 2015 du Festival En chair et en son Rencontres de la danse butō et de la musique acousmatique, au Cube-Centre de création numérique d’Issy Les Moulineaux.

La recherche sur les connexions existantes entre butō et musique acousmatique, s’est articulée autour de deux axes : théorique à travers des séminaires et colloques et artistique à travers vingt-quatre performances nées de rencontres entre compositeurs contemporains de musique acousmatique et danseurs butō, occidentaux et japonais, qui ont dansé à l’intérieur d’un « acousmonium » (ou orchestre de haut-parleurs).

Si les résultats étaient inégaux, la rencontre entre le danseur Masaki Iwana et le compositeur Denis Dufour s’est révélée particulièrement heureuse.

Pour leur performance, Denis Dufour a choisi sa pièce Musiques utopiques, troisième mouvement de l’œuvre PH 27-80 (2008, durée 32’14) créée à l’occasion du quatre-vingtième de Pierre Henry (né en 1927), pionnier de la musique concrète.

PH 27-80, créée à partir de quatre-vingt sons et de brèves séquences tirées de vingt-sept œuvres de Pierre Henry – d’où le titre – compose un univers de sons syncopés, percutants, qui se répètent dans un cycle à l’intérieur duquel opèrent variations sonores et vocales, dans un crescendo hypnotique, chamanique et rituel.

Dans cet univers sonore circulaire – rendu possible par la direction enveloppante du son diffusé par l’acousmonium – surgit Masaki Iwana. Comme souvent en danse butō, à l’exception de son sexe dissimulé, son corps est nu. Un fil très fin se devine sur ses hanches. Toutefois, au regard de la tradition, sa nudité paraît encore plus « nue », car elle n’est pas « neutralisée » par la peinture blanche avec laquelle les danseurs butō s’enduisent le corps. Son visage est en partie recouvert par de très longs cheveux noirs – il le restera pendant presque toute la performance – ainsi que par un petit masque blanc qui dissimule le nez et la bouche, tel que le portent beaucoup d’Orientaux et de Japonais en particulier, contre la pollution.

 

Dans la pénombre de la scène, dessinée par un cercle de lumière blafarde, la danse de Masaki Iwana commence au sol, dans une position fœtale. Avec des mouvements syncopés, le fœtus s’ouvre, gagne la posture verticale. Commence ainsi une lutte fiévreuse de tout son corps contre la gravité : en état d’extension constante, pieds tendus sur les demi-pointes tremblantes, bassin déplacé en avant, tête renversée et dos courbé en arrière, les bras qui se balancent en avant, puis en haut, s’allongent comme à toucher un ciel imaginaire. Le corps entier est un arc, parcouru par un mouvement saccadé qui devient sanglot, secousse, puis vague, toujours sinueux et tendu. Chaque muscle est contracté, sans répit. Une énergie magmatique irradie de chaque recoin du corps, des cheveux en bataille aux phalanges des doigts, des yeux cachés à la bouche dont on devine la respiration. La danse que nous propose Masaki Iwana est un déséquilibre perpétuel, une poussée, une propulsion, une tension vers l’immobilité par un mouvement fébrile, incessant, entre la lumière et l’ombre – le performeur se place souvent à la limite du cercle de lumière. C’est une conquête de la verticalité, une venue au monde chamanique, une origine, un cycle, une démesure, dans un corps qui se transcende, dépasse la matière pour disparaître enfin. Nous ne voyons plus le corps d’un homme, mais un mouvement incessant, une énergie sans fin, l’extase de la création et la fusion des formes plongées dans la musique, la respiration, le spasme du premier souffle.

masaki-iwana-en-chair-et-en-son-foto-fabrice-pairault-2Nous sommes désormais accoutumés à la nudité, malgré cela, chaque fois qu’elle est proposée sur la scène, je m’efforce de ne pas éluder la question : pourquoi ? Dans l’expérience du corps dansé de Masaki Iwana, la nudité a rendu raison à elle-même, comme une évidence, affirmant sa nécessité esthétique et ontologique. Dans le mouvement qui s’auto-génère, dans la tension spasmodique et dans la présence de chaque partie du corps, à elle-même –tous ceux-ci étant des principes constitutifs du butō – seul le nu permet au corps de laisser percevoir son dernier souffle, le spasme de sa vitalité irréductible en lutte contre la caducité de la matière. Nous sommes nus devant la vie comme nous sommes nus devant la mort.


Aujourd’hui, Masaki Iwana est un des danseurs de butō les plus appréciés au Japon et sur la scène internationale. Depuis 1975, année où il débute sa carrière de danseur, il s’est produit dans plus de cent-cinquante performances.


Images: Masaki Iwana, PH 27-80: Musiques Utopiques, photo de Fabrice Pairault, 2015.




La version en italien de cet article, intitulée Masaki Iwana. Il danzatore danzato dal butō est parue dans la revue italienne en ligne PAC – Magazine di Arte & Culture, le 9 novembre 2015. https://paneacquaculture.net/tag/masaki-iwana/

INTORNO ALLA MIA PIETRA NON FARÀ NOTTE

di Fabrice Melquiot

traduzione di Simona Polvani

 

autour-de-ma-pierre-il-ne-fera-pas-nuit

Accade che due fratelli, in una città che potrebbe essere Napoli, si inventino cercatori d’oro e che quest’oro sia l’oro dei morti. Che essi sognino di convertire il loro tesoro in una montagna di soldi, da depositare in Svizzera, e di vivere serenamente con il verde dei pascoli negli occhi. Che il fratello maggiore sia un fan sfegatato di Elvis Presley, e che ciò non lo metta però al riparo da una morte violenta. Che il padre, vedovo inconsolabile, ubriaco fradicio, sia diventato un trans e passi le notti a battere per lenire, se possibile, il dolore. Che i due fratelli abbiano due giovani fidanzate, dai desideri più grandi dei loro corpi e spesso contraddittori. Che sulle loro strade passi un poeta, venuto da Oltralpe, innamorato deluso, intenzionato a far saltare in aria il mondo. E che…

 

 

autour-de-ma-pierre-ne-fera-pas-nuit-affiche-2

Locandina dello spettacolo “Autour de ma pierre il ne fera pas nuit” di Fabrice Melquiot, regia di Mathieu Touzé, Francia, 2014

Intorno alla mia pietra non farà notte (Autour de ma pierre ne fera pas nuit, L’Arche Éditeur, 2003, ristampa con modifiche del testo 2009), porta con sé tutta la visionarietà della scrittura drammaturgica di Fabrice Melquiot, classe 1972, autore francese tra i più prolifici e talentuosi della sua generazione. Impastata di notte e sogni, essa scava nel solco della realtà, per seminare il possibile e l’inverosimile. Una scrittura tragica e poetica, con il riso tra le labbra.

Intorno mia pietra non farà notte è stato presentato in anteprima nazionale in Italia in forma di lettura scenica, a cura della regista italiana, ma residente in Francia Gloria Paris, con Alberto Caramel, Bruno Fleury, Diana Hobel, Sandro Mabellini, Francesco Scianna, Chiara Vergola ad Opere Festival 2006 (Castello Odescalchi di Bracciano). Produzione Il Battello Ebbro in collaborazione con La Casa delle Scritture Europee, Centro Internazionale di Scrittura Drammaturgica La Loggia, Teatrino dei Fondi, TERI. Con il sostegno di Fondazione Nuovi Mecenati,  Association Beaumarchais/SACD, Diunamai. Con il patrocinio del Servizio Culturale BCLA dell’Ambasciata di Francia in Italia.

 

Nel 2007 il testo, in versione ridotta, è stato presentato sempre in lettura scenica al Teatro Galleria Toledo di Napoli nella rassegna Orientamenti. Geografie del Tempo Presente. Teatro: Le Nuove Scritture. A interpretarlo: Agostino Chiummariello e Alessandra D’Elia.

 




L’inizio della pièce


Personaggi

 

LOUIS BAYLE detto LULLABY, 50-60 anni, padre di famiglia, vedovo e travestito

 

I suoi figli

DAN BAYLE, 30-35 anni, cercatore d’oro

IVAN BAYLE, 20 anni, cercatore d’oro

 

LAURIE, 20 anni, fidanzata d’Ivan

DOLORÈS, 25-30 anni, fidanzata di Dan

JUSTE, 30-35 anni, alla ricerca di una musa

 



 

PROLOGO

In una città che potrebbe essere Napoli.

Su una collina che sovrasta la baia, una di quelle estati in cui non si respira.

Ville lussuose, garage con allarme, campi sportivi recintati.

Strade strette e sinuose, marciapiedi disseminati di spazzatura e di cadaveri di gatti o di cani.

Talvolta, lungo i marciapiedi, si fermano delle automobili; dentro, ragazzi e ragazze fanno l’amore.

In estati come questa, non hanno scelta: finestrini abbassati; le loro voci invadono la collina, il Belvedere vicino, il cimitero, laggiù.

Negli angoli, va da sé, vengono spacciate sostanze a quelli che si fanno in altro modo.

Un venditore di dolciumi e di bevande fresche si domanda che ci sta a fare lì.

Quelli che, senza veicoli e affascinati dalla luna, vanno a spasso tenendosi per mano, farebbero bene ad accelerare il passo.

Durante le estati come questa, in notti come quella che inizia, non bisogna spingersi fin là.




 

ÉLÉONORE SANZ

Agosto.

Quella notte là.

Il cimitero.

Il caldo.

Ci saranno altri giorni, vedrete; giorni già passati: li riconoscerete –

Una bara è aperta. Terra rivoltata. Cadavere di una giovane donna.

Due uomini vestiti di pelle.

Due uomini di fretta.

 

DAN. Non con le dita, con le dita non arrivi a niente, non vedi che è ancora nuova? Prendi le tenaglie.

IVAN. Non posso. Alle donne, non posso cavargli i denti.

DAN. Questa è nuova.

IVAN. Sto male. L’odore, non posso più. Fa troppo caldo.

DAN. Prendi il mio foulard.

IVAN. Leviamoci dai piedi, Dan, ti prego.

DAN. Non se ne parla. Prendi il mio foulard.

IVAN. Però non voglio cavarle i denti.

DAN. Occupati degli anelli.

IVAN. Gli anelli sì, gli anelli vengono da soli.

DAN. Sbrigati.

IVAN. Tu t’occupi dei denti. Prendi le tenaglie.

DAN. D’oro, quanti?

IVAN. Due premolari. A destra.

DAN. Visto.

IVAN. Dan, non vengono.

DAN. Cosa?

IVAN. Gli anelli, non vengono.

DAN. Prendi il coltello. Taglia il dito.

IVAN. Non melo chiedere, oggi no. Allora preferisco cavarle i denti.

DAN. Levarle la collana, ti va a genio?

IVAN. Voglio andarmene. Fa troppo caldo. Il foulard non basta. Mi sento morire.

DAN. Tu non muori da nessuna parte.

IVAN. Soffoco.

DAN. Siediti e basta. Io cavo i denti, taglio le dita, tu fai il palo, ti va bene?

IVAN. OK. Bella la morta, non trovi?

DAN. Non ci provare, ti salta addosso.

IVAN. Non scherzare.

DAN. Vedi nessuno?

IVAN. Nessuno.

DAN. Asciugami il viso.

IVAN. Fatto.

DAN. Asciugami le dita.

IVAN. Sì, sì Dan.

DAN. Con questo facciamo trecentoquarantasette denti d’oro, settantatré collane, centoventitré bracciali, trentotto braccialetti, un centinaio di paia di orecchini e qualcosa come duecentoventi anelli. Senza contare le scarpe di coccodrillo.

IVAN. E i foulard Hermès.

DAN. Stì morti, vivono nel lusso.

IVAN. Non scherzare.

DAN. Ancora nessuno?

IVAN. Tranquillo.

DAN. Con quello in fondo è dura.

IVAN. Lascia perdere.

DAN. Cazzo, resiste.

IVAN. Come si chiama?

DAN. Chi?

IVAN. Lei.

DAN. Che ne so. Ti starà scritto sotto al culo.

IVAN. Éléonore Sanz.

DAN. Sta’ zitto, Ivan.

IVAN. Bello Éléonore.

DAN. Asciugami la fronte. Sta’ zitto.

 

Lungo il grande muro, laggiù, passa Dolorès. Incinta di sette mesi. Indossa un abito da sposa con lo strascico che scivola tra le pietre.

 

IVAN. Piangi?

DAN. Sei proprio stronzo. È sudore. Colpa dei buchi nell’ozono, l’ho visto in tv, dicono che col caldo e il freddo sarà sempre peggio, tutto si sregola. E io sudo, capisci?

IVAN. Mica c’è niente di male a piangere, dico io, anche per un uomo.

DAN. È sudore!

IVAN. Capito.

IVAN. Di cosa credi che è morta?

DAN. Me ne fotto.

IVAN. Comunque, la sua tomba fa schifo. Solo terra. Non voglio che mi mettano in terra, direttamente, cioè, nei muri della mia tomba voglio cemento armato, e la maiolica, i motivi arabi mi piacciono. Voglio che accendono le candele, che non lasceranno spegnere mai. Capisci, mai. Nemmeno una fiamma per dire che qualcuno si ricorda di te, è come morire un’altra volta.

DAN. Nessuno?

IVAN. Dan, è chiuso, non si fa vivo nessuno. Nessuno, tranne i cercatori d’oro.

DAN. Non scherzare.

IVAN. Cosa?

DAN. Sto per vomitare.

IVAN. Hai tirato via il premolare ?

DAN. Fanculo, Ivan. Non mi sento bene adesso.

IVAN. Mica ci sei andato leggero.

DAN. Non mi sento bene.

IVAN. Leviamoci dai piedi, vieni.

DAN. Mi sento morire.

IVAN. Dan, queste sono frasi mie.

DAN. Ivan, parlami.

IVAN. Di cosa?

DAN. Ho una botta di caldo.

IVAN. Io sto bene Dan, sto bene.

DAN. Non ti chiedo come stai, ti chiedo di dirmi qualcosa. Parlami della Svizzera.

IVAN. La Svizzera è un paese calmo e pulito con i pascoli verdi ….

DAN. Taglia corto.

IVAN. Ci leveremo da qui con i nostri gingilli dentro le valigie, laggiù in Svizzera dei nostri gingilli ne faremo banconote più verdi dei pascoli e un banchiere ci sbaverà dietro. Faremo investimenti finanziari a tassi super vantaggiosi. Compreremo degli chalet confinanti ai piedi delle piste, con telecamere di sorveglianza dappertutto. Il tizio responsabile del sistema video avrà la sua capanna in giardino, vicino alla funivia. Avremo le nostre mogli a portata di mano e ce la passeremo strabene. A Laurie comprerò dei fiori tutti i giorni, delle orchidee selvagge.

DAN. Avremo tutte le donne che vogliamo, fratellino.

IVAN. Mi basta Laurie.

DAN. Lascia perdere la tua piscialletto, ti ci vuole una bella svizzera ricca sfondata.

IVAN. Fanculo Dan, io amo solo lei.

DAN. Tu ritiri “fanculo”. Subito.

IVAN. Ritiro, d’accordo.

DAN. Stronzetto.

IVAN. Ritira “stronzetto”, se no dico a tutti che piangi quando strappi i denti ai morti.

DAN. È sudore!

IVAN. Laurie, io la porto in Svizzera, capito?

DAN. Se vuoi.

IVAN. Come va?

DAN. Meglio.

IVAN. Allora, ci leviamo dai piedi?

DAN. Sì!

IVAN. Tocca a te dire la preghiera.

DAN. Lo so.

IVAN. Sbrigati.

DAN. Lasciami solo con lei.

IVAN. Perché?

DAN. Prendi i gingilli. I denti, gli anelli, tieni, prendi tutto. Gli attrezzi, li asciughi. Sistemi tutto col resto. Non lasci niente in giro. Ti guardi alle spalle quando cammini sui viali. Ti guardi davanti. Sui lati. Non fare niente a caso. Ti raggiungo alla cappella.

IVAN. Sbrigati. Laurie mi aspetta per andare al cinema.

DAN. Fila.

 

Ivan fila via.

Dan si asciuga il viso col foulard pieno di sangue.

 

DAN. Ave Maria, piena di grazia….Porca troia, si crepa….Ave Maria piena di grazia, il Signore è con te…..

 

Ricompare Ivan.

 

IVAN. Dan!

DAN. Che gridi! Ivan, più piano! Cosa?

IVAN. Dan, un uomo!

DAN. Cosa? Dove?

IVAN. Al buio, un uomo, ha un ferro, Dan, l’ho visto, un ferro!

DAN. Fuori dalle palle! Non ho finito la preghiera.

IVAN. Sei scemo o cosa? Bisogna levarci dai piedi!

DAN. Fratellino, va’ a cambiarti!

IVAN. A cambiarmi cosa? Perché a cambiarmi?

DAN. Non discutere, ho capito. Non è la canicola.

IVAN. Dan, hanno aperto il portale. Dan ci sta gente….Dan, ci stanno Papà e Laurie. Dan, che cos’è?

DAN. Va’ a cambiarti.

IVAN. Perché a cambiarmi, porca miseria?

DAN. È il mio funerale, mi sa proprio.

IVAN. Il tuo funerale?

DAN. Fuori dalle palle ti dico!

 

Dan bacia Ivan sulla bocca.

Si sente uno sparo.

Ivan scompare.

Dan riprende la preghiera sulla tomba di Éléonore.

 

DAN. Ave Maria piena di grazia, il Signore è con te……

 



Estratto dal testo inedito in Italia Intorno alla mia pietra non farà notte di Fabrice Melquiot, traduzione di Simona Polvani, depositato presso la SIAE (Italia), la SACD (Francia) e l’Arche Éditeur, che oltre ad essere la casa editrice di Fabrice Melquiot, è anche il suo agente teatrale.

Per ulteriori informazioni o se foste interessati a leggere il testo integrale: sp@simonapolvani.com

Tutti i diritti riservati

 

 ALBATROS

di Fabrice Melquiot

traduzione di Simona Polvani

albatros

Il testo teatrale Albatros (Albatros, L’Arche Éditeur, Paris, dell’autore francese Fabrice Melquiot consigliato per un pubblico dai 7 ai 12 anni, ma in realtà per un pubblico di ogni età – è una parabola moderna, che con grande fantasia, umorismo e grazia ci pone di fronte al tema dell’amore e della solitudine nei rapporti delicati tra figli e genitori, con un finale dolce amaro.
Protagonisti sono Casper, 12 anni e la sua amica Monetina, 10 anni. Invece di andare a scuola, i due ragazzini spesso rimangono a guardare le auto ad un incrocio, e gli “uomini in nero”, the men in  black, uscire dalle loro auto e fanno un gioco. Un giorno in cui Casper è da solo, gli appare il Genio dell’Olio di gomito. Gli annuncia che fra tre giorni il mondo sarà distrutto e che lui, Casper, è stato scelto per salvare sette persone che ricostruiranno la vita umana sulla terra dopo il cataclisma. Tre giorni in cui Casper incrocerà per la strada, sempre in compagnia di Monetina, dei personaggi vivaci, comici e strazianti: l’Uomo che corre (e i suoi amori), l’Uomo che non ha più niente (eccetto un piccione), e anche la temibile madre di Monetina. Tutto questo al suono delle rane annunciatrici del diluvio.

Albatros è stato presentato per la prima volta in Italia in forma di mise en espace, a cura di Sandro Mabellini, con Chiara Verzola, Enrico Falaschi, Alberto Caramel, ad Opere Festival 2006 (Castello Odescalchi di Bracciano). Produzione Il Battello Ebbro in collaborazione con Teatrino dei Fondi di Corrazzano (PI). Nel 2008 Mabellini lo ha messo in scena con Chiara Verzola, Alberto Caramel e William Pagano al Festival Quartieri dell’Arte, Scuderie Palazzo Farnese, Caprarola (VT).

Sempre nel 2008, con la regia di Enrico Falaschi, e l’interpretazione dello stesso Falaschi, di Michela Marmugi, Mauro Pasqualini e di Romana Rocchino è stato portato in scena nella rassegna “Sugli alberi crescono i Teatri – appuntamenti di drammaturgia contemporanea” al Polispazio Hellana di Agliana (PT).



Personaggi

Casper, 12 anni

Monetina, 10 anni

Il Genio dell’Olio di Gomito

L’uomo che corre

L’uomo che non ha più niente

 La Madre di Monetina



 

1.Tre Scale

In una città dove la morte passa come un razzo: ambulanze, carri funebri, camion frigorifero.

Due bambini a un incrocio.

Lì hanno l’abitudine di ritrovarsi l’uno vicino all’altro, insieme guardano passare le auto e fanno scommesse sui testa coda.

Spesso si siedono su tre gradini di una scala, ai piedi di uno stabile con la facciata piena di graffiti: il loro luogo di appuntamento; tra loro, lo chiamano, le Tre Scale.

 Questa mattina dovrebbero essere a scuola.

Invece, il ragazzino è disteso sul marciapiede, con la schiena contro la Prima Scala si rosicchia le unghie.

Ha una testa d’angelo o di futuro principe, ma sotto la pelle gli cresce una tigna.

La ragazzina forse è un po’ più giovane di lui e non è poco quando si hanno tra i dieci e i dodici anni.

Ha una testa da pugile, piena di vecchie botte. Da credere che apra le porte senza mani. Comunque, farebbe crollare qualunque ragazzo della scuola. Se ci andasse più spesso.

Lei non si rosicchia le unghie; piange guardando passare la morte in pompa magna.

La ragazza non guarda il ragazzo, neppure per un momento. Eppure, il ragazzo la guarda.

 

Casper

Secondo te, come fanno gli uccelli quando non hanno più le zampe, si posano sulla pancia?

Monetina

Com’è possibile Casper?

Casper

Come fanno i morti, quando hanno solo le ossa, ad avvelenarsi il sangue?

Monetina

Com’è possibile?

 

Casper

E le lucertole, perché riscrescono e noi no?

Monetina

Non è possibile.

All’improvviso, Monetina si volta e dà una testata sul muro dello stabile. 

Sulla fronte, sanguina un po’.

 

Casper

Monetina, quando sarai grande sarai un bulldozer.

Monetina

Mica voglio fare il buttafuori nei locali notturni, mia madre dice che non è un mestiere. I bicchieri, lei li preferisce mezzi pieni.

Casper

Allora bulldozer.

Monetina

Vado a fare le valigie, Casper, fare le mie valigie, e hasta luego, Casper te lo dico chiaro e tondo: auf wiedersen. Casper?

Casper

Monetina, un giorno, avrai dei problemi con la polizia, per colpa delle botte che batti dappertutto, non stanno con le mani in mano e hanno mani lunghe come i processi, mica avevo mai notato che la pula le avesse così lunghe. Sta sui giornali. Smettila di picchiare dappertutto, abbiamo una testa sola e la polizia pizzica.

Monetina

Me la compro la mia cantina, sarà togo. Avrò così tante monetine Casper, che sarà un palazzo presidenziale la mia cantina. Non c’è più niente che mi trattiene qui. Casper?

Casper

E io chi sono, il due di briscola?

Monetina

Hai detto qualcosa?

Casper

Guarda, Monetina, laggiù, la berlina nera!

Monetina

Ho voglia di tirargli una testata sul parafango a quelle carrette, da quando.

 

Casper

Monetina, ti urti per un niente, pensa agli sbirri.

Monetina

Ne abbiamo guardate milioni di quelle auto all’incrocio, col sedere sulle Tre Scale, milioni, di tutti i colori e di tutte le marche, però mai, mai frignare, questo no però, la sfiga, proprio, Casper non vedo l’ora d’avere la mia cantina per nascondermi, nascondermi per piangere perché ora, chiunque potrebbe credere che per te ho degli affari come dei sentimenti, ma che cavolate, piango per te ma che cavolate, cavolate, Monetina e Casper noi siamo un’altra cosa, non ho sentimenti, più niente, sarà un’altra cosa, sempre.

Casper

Camion frigorifero, ambulanze, due carri funebri: quanto si muore in questo posto!

Monetina

Chi mi racconterà la storia degli uomini in nero quando sarò da sola al caldo in cantina?

Casper

Io, chi altro vorresti?

Monetina

La vita mi sembra arcidisgustosa. Con quella sua aria di dare a credere che è bella.

Dà un’altra testata sul muro.

 

Casper

Se ti racconto ancora la storia degli uomini in nero, la smetti di spaccarti il cranio?

Monetina

Mai più c’avrò dei sentimenti.

Casper

La smetti?

Monetina

La faccio finita con queste cose.

 

 

Casper

Monetina, devo dire una cosa….

 

Monetina

Non amerò più nessuno col cuore, amerò coi piedi, il mio amore camminerà di traverso e puzzerà, così impareranno.

 

Casper

Non mi chiedere il motivo di quello che ti sto per dire, è che ce l’ho nel cuore da un sacco d’anni e ora bisogna che salti fuori. Monetina, mio padre, prima che fossi un feto con la testa di topo, prima che mi chiamassi come mi chiamo, Monetina, lo vuoi sapere?

Monetina

Non saprò mai cos’è l’amore.

Casper

Mio padre, voleva chiamarmi Jean-Tarzan.

Monetina

Mannaggia!

Casper

Perché voleva che suo figlio fosse normale come tutti e allo stesso tempo voleva che avessi qualcosina fuori dalla norma, allora Jean-Tarzan.

Monetina

Tutto ritorna alla normalità, è così che finirò.

 

Casper

Per fortuna, mia madre è meno matta.

Monetina

Ahi!

Casper

Te ne freghi di quello che racconto.

Monetina

Me ne vado.

 

 

Casper

Cosa?

Monetina

Mi servono delle monetine per comprare la cantina.

Si alza.

 

Casper

Ma….

Monetina

Comprare la cantina, poi amare coi piedi.

Casper

Aspettami, dove vai?

Monetina

E un cerotto.

Casper

Resta, non abbiamo neppure visto una Jaguar stamani, con la belva d’argento come piace a te, resta, guardiamo le auto e gli uomini in nero.

Lei ricade ai piedi delle Tre Scale, come una marionetta alla quale hanno ad un tratto lasciato andare i fili.

Monetina

Mica togo è il dolore, mi butta a terra.

Casper

Il dolore di cosa? Tua madre t’ha pestata?

Monetina

In confronto a questo, anche mia madre è toga.

Casper

Resta, ti racconto la storia degli uomini in nero.

Monetina

Se solo potessi raccontarmi la storia degli uomini in nero.

 

Casper

Sei sorda o cosa, t’ho detto te la racconto, t’ho detto smettila di picchiare sui muri, se no quando sarai grande sarai come Beethoven, scriverai della musica che neanche sentirai e finirai pazza con l’impressione di scrivere per i cani.

Monetina (che dice questa frase come ha l’abitudine di farlo Casper)

“ Diventerò qualcuno”.

Casper

Diventerò qualcuno, sono io che lo dico! Ma se la vuoi, te la do, la mia frase, proprio perché sei tu e quello che è mio è tuo, ma io no.

Lei piange.

 

Monetina

Proprio una femmina!

Casper

Questa frase te la lascio.

Monetina

Nemmeno riesco più a trascinarmi da quanto sono di piombo dalla testa ai piedi, tutta indurita.

Casper

Tua madre mica ti pesterà più Monetina! Ti porterò super lontano e diventeremo qualcuno. Le auto, mica le guarderemo più passare, le compreremo, rivenderemo, noleggeremo, regaleremo, ne bruceremo a dozzine per il nostro compleanno, te lo dico, per il nostro compleanno, quando saremo qualcuno, è sulle auto che soffieremo, se tua madre ti pesta ancora si deve chiamare la polizia, forse, o la televisione?

Monetina

Ti amo.

Silenzio.

 

Casper

Chiudi il becco!

Monetina

Almeno una volta te l’ho detto, anche se….

 

Casper

Chiudi il becco, chiudi il becco, chiudi il becco, avevamo detto che non ci amavamo, avevamo detto no, no e no, sei proprio una femmina!

Monetina

Col cuore.

 

Casper

Se ci amiamo, non potremo diventare qualcuno, quando ci si ama troppo piccoli porca miseria testa di rapa, quando ci si ama a un’età non tanto avanzata, non si può diventare qualcuno, perché si pensa solo a fare dei figli e quando piangono li picchiamo, perché siamo troppo piccoli per reggerli, pesano pesano allora meniamo, guarda tua madre, guarda mio padre, chiudi il becco, non dire che ci amiamo, chiudi il becco, noi siamo un’altra cosa, prima diventiamo qualcuno, poi ne riparliamo.

Silenzio.

 

 

Casper

Scusa per “chiudi il becco”, volevo dire stai zitta.

Monetina

Hai detto qualcosa?

Casper

Scusa.

Monetina

La vita si cambia con uno schiocco di dita. Credi che vadano in panne le nuvole?

 

Casper

Se vanno in panne, evaporano.

Silenzio

 

Monetina

Ti sento.

Casper

Ancora non sei tutta turata, anche se sulla buona strada.

Monetina

Ti sento, Casper, ti sento.

Casper

Va bene, ho capito.

Monetina

La berlina nera, guarda il tipo. Secondo te?

Casper

Dico gangster.

 

Monetina

Dico uomo politico.

 

Casper.

Uomo politico no, guarda bene. Non ho detto niente, mi correggo aspetta, non so più. Guarda sui lati come se fosse seguito. Ha gli occhiali neri sul naso, incollati bene, l’abito di buon taglio, bello nero. Però sorride enormemente, però ha i denti enormemente bianchi, dico che è una star, non un gangster, mi correggo, ho detto star.

Monetina

No, osserva aspetta non ho detto niente, propendo per una star.

Casper

Solo buona a copiare, proprio una femmina!

Monetina (che racconta, come Casper le ha raccontato, la storia degli uomini in nero che suo padre ha raccontato a lui).

“Ci sono quattro tipi di uomini in nero anche se sono tutti uomini in nero. All’inizio si vedono questi uomini in nero e quando non li conosci, poiché tuo padre non t’ha mai spiegato chi sono, non puoi sapere che ce ne sono di quattro tipi, ma quando lo sai, non li guardi più come prima. Hanno abiti neri, occhiali neri e auto nere, fino a qui tutto a posto, anche se comunque non è molto allegro vestirsi come per seppellire la gente, 24 ore su 24. Dicevamo quindi: ci sono quattro tipi di uomo in nero. Quattro: le star, gli uomini politici, i gangster e la gente che vuole diventare gangster, star o uomo politico. Gli altri, si vestono in modo diverso oppure seppelliscono la gente davvero …”

Casper (che imita suo padre come gli racconta sempre).

“Quando avrai capito questo, avrai capito tutto. Sarai armato per affrontare la vita e diventare qualcuno”. Uno qualunque, eccetto uno di quelli là. Mio padre è categorico, divento chi voglio, ma no un uomo in nero. Se no finisci per decolorarti i capelli, o sottrarre fondi pubblici, o ammazzare un deputato. La vita, non è questa. La vita, è olio di gomito.

Monetina

Solo farabutti. Mi comprerò una cantina e nessuno c’entrerà.

Si alza. Prova a fare un passo. Cammina con una prudenza da equilibrista.

 

Casper

Dove vai?

Lei non risponde. Come se la paura di cadere l’avesse lasciata, cammina sempre più veloce e sempre più veloce si allontana.

 

Casper

Va’ dove vuoi. Ma stasera ti aspetto qui. Dopo merenda, per guardare le auto. E se tua madre ti mena, le guardiamo prima, se ti va. Vieni a cercarmi. Quando ti pare!

Silenzio.



Estratto dal testo inedito Albatros di Fabrice Melquiot, traduzione di Simona Polvani, depositato presso la SIAE (Italia), la SACD (Francia) e l’Arche Éditeur, che oltre ad essere la casa editrice di Fabrice Melquiot, è anche il suo agente teatrale.

Per ulteriori informazioni o se foste interessati a leggere il testo integrale: sp@simonapolvani.com

Tutti i diritti riservati

%d blogger hanno fatto clic su Mi Piace per questo: