Dimanche 25 octobre, j’ai eu l’honneur de pouvoir raconter “l’histoire de l’écriture clandestine* de Gao Xingjian, Prix Nobel de Littérature 2000, à l’époque de la Révolution Culturelle en Chine et de lire un de mes poèmes, intitulé Dans les plis, inspiré par cette histoire, pour le projet #badtimestory de Romina De Novellis et Domus Artist Residency, que je remercie infiniment.
Pendant ce temps de couvre-feu pandémique, à 21h30, j’étais “dehors”, projetée sur un mur de la rue de Seine à Paris, à parler dans le l’air et en même temps visible en live streaming sur Facebook.
Cette présence par la procuration d’une vidéo, dans une ville deserte et désertifiée des humains, ça me paraît avoir le goût tenace d’un acte de résistance. Il se tient à l’espoir et ne renonce à oeuvrer, dans une simplicité, pour continuer à exister. Bravo à Romina pour son engagement dans ces temps si rudes…

* Ce texte, que j’ai écrit, est tiré de ma thèse de doctorat La performativité dans l’oeuvre et la pratique artistique de Gao Xingjian. Le poème Dans les plis fait partie de mon l’installation Dans les plis (poème, papier Fabriano 1.50mx10m, encre de Chine, fusain, 2019).

 

 

©Simona Polvani 2020

Deflagrano risate

risate

deflagrano fuori

dalla finestra

Sonore sillabe gutturali rotonde rotanti

Dalla finestra fuori

irrompono seminando filamenti scie brusii

borboglii

Scardinato ormai è il regno del Silenzio Inamovibile

Talvolta nella distanza – cento metri a volo d’uccello –

accade

una parola non si infrange nell’aria

penetra allora intera di senso nel tuo orecchio – bon, enfin, putain, champagne, virus, covid

vie vie vie

Loro festeggiano – sagome s­hekerate dentro rettangoli luminosi nella notte pesta – La cacofonia della felicità riesumata

Tu ancora

segregata nell’appartamento rimani sempre

più lontana dalla (ad)domestica(ta) vita di un tempo – antropocene ridisegnato con un compasso senza centro

e incomprensibile è la gioia

strozzata dalla paura

Niente è più rassicurante nel presente

ciò che prima era sembra perduto per sempre

l’incoscienza – e il tatto l’olfatto il gusto persino la vista

Il corpo – tradito dal respiro ­–

è divenuto diffidente e         fa barriera

I piedi recalcitranti ti negano la soglia – oltre

NO EXIT

(Neppure l’estate esplosa tutta il 19 maggio)


©Simona Polvani 2020

Il nuovo numero della rivista HYSTRIO – trimestrale di teatro e spettacolo, propone nel numero 3-2020 di luglio-settembre il dossier TEATRO DELLE MIGRAZIONI, curato da Giuseppe Montemagno e Roberto Rizzente.

Al suo interno, trovate il mio articolo Francia: dalla banlieue con furore contro tutte le frontiere del mondo, in cui tratto la questione del teatro delle migrazioni dal punto di vista delle scena francesi, con una panoramica sulle drammaturgie e gli spettacoli di Thierry Thieû Niang, Aziz Chouaki, Sèdjro Giovanni Houansou, Nasser Djemaï, Karima El Kharraze, Penda Diouf, Marine Bachelot Nguyen, Ahmed Madani, Wajdi Mouawad.

Uno sguardo alle azioni portate avanti da realtà culturali quali L’Atelier des artistes en exil, il Festival Visions d’exil, il Théâtre Cinéma de Choisy-le-Roi, Les Scènes Appartagées, Jeunes textes en liberté, il Musée national de l’histoire de l’immigration testimonia della pluralità di prospettive artistiche, sociali e politiche da cui sono affrontati i fenomeni migratori e le peculiari problematiche connesse nel teatro francese.

Potete acquistare la rivista in versione cartacea nelle edicole e libreria in tutta Italia oppure anche in versione digitale (solo 5 euro) a questo link:

https://www.hystrio.it/numero/numero-3-di-luglio-settembre-2020/

A presto!

©Simona Polvani 2020

Salvatore, tu vois—vedi – 

(mentre guarda una fotografia che la macchina del tempo di Fb restituisce dal passato)
ci sono stati una volta compleanni condivisi 
dentro “i parlari nostri” sconfinati
candeline soffiate a meno di un metro 
e risate dimesse e fragorose

Il tempo del virus ci ha fatto regali perniciosi 

Il distanziamento sociale – espressione asociale – 

e l’impaurito sconfinamento – in cui i cavalli ombrosi dei piedi recalcitrano verso ogni dove scalciando 
impazziti nell’aria vuota – 


separano i corpi degli amici 


e oltre – scindono mente e corpo 

la prima resta 
desiderante 
della vita tutta che si crea insieme –
ai fratelli alle madri ai padri
agli amanti alle sorelle
agli amici
al genere umano ancora e forse per sempre sconosciuto –
della vita che si crea
corpo a corpo

tutta intera

©Simona Polvani, 26 mai 2020

 

1.

@SimonaPolvani2020 Vista da casa 8_04_2020

@2020 Simona Polvani – Vue du confinement, Paris, 08 avril 2020, horaire: 10:20:24.

 

Aujourd’hui c’est le jour 51 du confinement en France. J’ai lue cette chiffre dans des comptes des ami.es, car en réalité, je ne tiens pas le compte des jours qui passent. Je les sens couler, mais les compter, ça aurait signifié de donner encore plus de lourdeur à une expérience étrange, inédite, effrayante dont j’ignore la fin. Chaque jour, aurait été comme une goutte de la torture chinoise… Alors, je laisse défiler les jours, un après l’autre.
Je me suis concentrée sur ce que je pouvais faire même confinée. Je me suis faite aspirer par “le dedans” de mon deux pièces, où je pouvais respirer sans crainte, et en même temps j’ai recherché parfois discrètement, parfois avidement, tous les signes de vie humaine, animale, vegetale au delà de mes fenêtres.

Oeil rapace, oeil contemplatif.

Et par là, j’ai construit des nouveaux jours, cherchant tenacement ce qui était en mesure de me donner de la joie – ou au moins de limiter l’angoisse – et de lutter contre l’immobilité à laquelle le confinement paraît me condamner (nous condamner).

 

2.

 

 

©SimonaPolvani 2020 - Screenshot 3 video Danza confinata 23_03_2020

©2020 SimonaPolvani – Screenshot video Danza confinata, Paris, 23 mars 2020, horaire: 20:46:00

 

©SimonaPolvani 2020 - Screenshot 2 video Danza confinata 23_03_2020

©2020 SimonaPolvani – Screenshot video Danza confinata, Paris, 23 mars 2020, horaire: 20:46:00

©SimonaPolvani 2020 - Screenshot 1 video Danza confinata 23_03_2020

©2020 SimonaPolvani – Screenshot video Danza confinata, Paris, 23 mars 2020, horaire: 20:46:00

 

Je crois que le fait qu’au moment où le coronavirus a commencé à ravager notre monde, je venais à peine de terminer mon doctorat, a joué dans cette nécessité de chercher, même enfermée, de ne pas “perdre mon corps”. Car je sortais juste d’une longue période d’un different type de confinement et d’immobilité.
J’ai commencé d’abord à marcher dans mon appartement, à faire milles, deux milles, trois milles, jusqu’à sept milles pas, une fois.
Ensuite, j’ai retrouvé la danse que dans la dernière année et demi j’avais presque perdue. J’ai ainsi scandé ces nouveaux jours par des petits rituels de temps dansé grâce aux magnifiques enseignant.e.s, maîtresses et maîtres qui ont converti les ateliers en séance à distance: Antonella De Sarno, et sa danse sensible, Lorna Lawrie, Carey Jeffries, Atsushi Takenouchi avec leurs différentes approches du butō. J’ai commencé à pratiquer du pilates avec la grandiose Caroline Berger (biopilates).
Le dimanche après midi, depuis deux semaines, je voyage idéalement (et pourtant quel bonheur inattendu…) de chez moi à Paris en direction de New York pour participer aux séances de yoga Vinyasa et de méditation animées par Barbara Verrochi et Kristin Leigh auprès de The Shala Yoga House.

Ces séances, de danse, yoga, pilates, se sont toutes transformées dans un formidable moment de vie. Chaque visage des différent.e.s participant.e.s depuis plusieurs pays est ainsi devenu comme une fenêtre ouverte sur le monde. Ce monde, qui m’a semblé de plus en plus insaisissable et menaçant à l’extérieur, a trouvé son miroir rassurant, plein d’espoir, dans ces visages et la portion d’intime – celui de nos maisons et des pratiques somatiques et spirituelles qu’on partage. La “zoomisation” n’a pas signifié une “zombisation”.
L’écran, les live streams, les visioconférences, ne sont non plus pour moi q’un simple moyen de communication. Ils bâtissent, ils sont un véritable espace commun. Il ont fait/ créé “des communautés”.

 

3. 

Parmi les rituels – les passions – que je venais à peine de reprendre avant que le covid-19 nous enfermait, il y avait le théâtre, au sens d’aller voir des spectacles, pas juste de l’étudier. [Les derniers mois de rédaction de la thèse avaient affecté aussi la fréquentations des ces lieux magiques, à la fois réels et utopiques, hélas !]

Une fois confinée, bien qu’abonnée à plusieurs newsletters, peut-être parce que j’étais déjà “au jeune” , je ne me suis pas trop intéressée aux différentes initiatives organisées par les théâtres qui, tout à coup, se trouvaient privés de leurs saisons.
Mais hier matin, pour des recherches liées à un article que je suis en train d’écrire, je me suis rendue sur le site de La Colline – Théâtre National (auquel d’ailleurs, j’ai été abonnée dans les deux dernières saisons).
Mon attention a été attirée par Au creux de l’oreille, que ce théâtre a lancé expressément pour ce confinement, réunissant 200 artistes amis de La Colline, qui offrent au téléphone des lectures de poésie, de théâtre, de littérature, de musique, “pour quelques minutes ou plus”… Il s’agit d’une initiative gratuite et ses artistes se sont tous portés benevoles.
Je me suis inscrite, animée par une certaine curiosité de “retrouver du théâtre”, ou une de ses textures, grâce à la présence de ces êtres mystérieux et fascinants qui sont pour moi les artistes de la scène. J’avoue que je ne m’étais pas plongée sur la longue liste des noms des artistes impliqué.e.s dans ce projet. Ce qui m’intéressais étant le plaisir de pouvoir faire cette nouvelle expérience, d’un théâtre qui vient chez moi, d’un théâtre qui ne se voit pas. Et qui est pourtant vivant, par une présence d’un corps-voix, d’un être voix: c’est ce que je pouvais imaginer.

Mon appel était prévu dans le créneau de 16h à 17h.
À 16h pile mon portable a sonné. Quand j’ai décroché, une voix douce m’a dit bonjour et demandé si j’étais Simona. Elle a ajouté qu’elle appelait pour le théâtre de la Colline. Ensuite, elle s’est présentée: “Je suis JANE BIRKIN“.
Une vague d’émotion m’a saisie. J’ai même pensé, que comme il s’agissait du théâtre, peut-être que non, que la personne qui était en train de me parler, n’était pas JANE BIRKIN, mais qu’il devait avoir eu une pièce (que j’ignorais!) où un personnage était Jane Birkin, et que là, on était en train de me proposer une partie de cette pièce (le cerveau face à l’extraordinaire trouve toutes les raisons pour rendre la réalité invraisemblable, ou bien vraisemblable…).

Jane Birkin m’a proposé des poèmes de Prévert, et notamment Les feuilles mortes, et le texte de La chanson de Prévert de Serge Gainsbourg qui s’en est inspiré, avec d’autres textes de ses chansons déchirantes. Je flottais, je me perdais et retrouvais dans sa voix et les tourbillons de ces poèmes, qui parlaient de distance, de séparation, de fin, de mort et de recommencement. Il y avait la vie, toute entière. À la fin de sa lecture, nous avons parlé, de notre présent, du confinement réciproque. Quand nous nous sommes saluées, c’était comme si la pesanteur avait été retirée de mon corps et la lumière déjà intense éclatait dans mon appartement. Ce n’était pas qu’une voix qui s’était présentée au creux de mon oreille. Tout un univers artistique et humain s’était condensé dans cette voix si parlante. L’art, c’est ça aussi, c’est surtout ça.

Je remercie Jane Birkin pour sa générosité et son indicible sensibilité. Je remercie Wajdi Mouawad et toute l‘équipe de La Colline pour m’avoir permis de faire encore expérience d’un art vivant et d’un moment de vie exceptionnel pour toujours.

 

Jane Birkin & Charlotte Gainsbourg live – 
La Chanson de Prévert, 2 avril 2017

 

©Simona Polvani, 6 mai 2020

23

Gao Xingjian, encre de chine /inchiostro di china

 

Mon article Le troisième œil dans le théâtre de Gao Xingjian : esthétique d’une dramaturgie augmentée, consacré à la dramaturgie de Gao Xingjian, Prix Nobel de la Littérature, est paru dans “Itinera. Rivista di filosofia e di teoria delle arti”, revue publiée par l’Università degli Studi di Milano.

Voici le lien pour y accéder:  https://riviste.unimi.it/index.php/itinera/article/view/8735

 



Sul N. 13 (2017): Il teatro e i sensi. Teorie, estetiche e drammaturgie di  “Itinera. Rivista di filosofia e di teoria delle arti” (Ed. Università degli Studi di Milano) è stato pubblicato il mio articolo Le troisième œil dans le théâtre de Gao Xingjian : esthétique d’une dramaturgie augmentée, dedicato al teatro dell’artista Gao Xingjian, Premio Nobel per la Letteratura. 

Qui il link per potervi accedere: https://riviste.unimi.it/index.php/itinera/article/view/8735

 

INTORNO ALLA MIA PIETRA NON FARÀ NOTTE

di Fabrice Melquiot

traduzione di Simona Polvani

 

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Accade che due fratelli, in una città che potrebbe essere Napoli, si inventino cercatori d’oro e che quest’oro sia l’oro dei morti. Che essi sognino di convertire il loro tesoro in una montagna di soldi, da depositare in Svizzera, e di vivere serenamente con il verde dei pascoli negli occhi. Che il fratello maggiore sia un fan sfegatato di Elvis Presley, e che ciò non lo metta però al riparo da una morte violenta. Che il padre, vedovo inconsolabile, ubriaco fradicio, sia diventato un trans e passi le notti a battere per lenire, se possibile, il dolore. Che i due fratelli abbiano due giovani fidanzate, dai desideri più grandi dei loro corpi e spesso contraddittori. Che sulle loro strade passi un poeta, venuto da Oltralpe, innamorato deluso, intenzionato a far saltare in aria il mondo. E che…

 

 

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Locandina dello spettacolo “Autour de ma pierre il ne fera pas nuit” di Fabrice Melquiot, regia di Mathieu Touzé, Francia, 2014

Intorno alla mia pietra non farà notte (Autour de ma pierre ne fera pas nuit, L’Arche Éditeur, 2003, ristampa con modifiche del testo 2009), porta con sé tutta la visionarietà della scrittura drammaturgica di Fabrice Melquiot, classe 1972, autore francese tra i più prolifici e talentuosi della sua generazione. Impastata di notte e sogni, essa scava nel solco della realtà, per seminare il possibile e l’inverosimile. Una scrittura tragica e poetica, con il riso tra le labbra.

Intorno mia pietra non farà notte è stato presentato in anteprima nazionale in Italia in forma di lettura scenica, a cura della regista italiana, ma residente in Francia Gloria Paris, con Alberto Caramel, Bruno Fleury, Diana Hobel, Sandro Mabellini, Francesco Scianna, Chiara Vergola ad Opere Festival 2006 (Castello Odescalchi di Bracciano). Produzione Il Battello Ebbro in collaborazione con La Casa delle Scritture Europee, Centro Internazionale di Scrittura Drammaturgica La Loggia, Teatrino dei Fondi, TERI. Con il sostegno di Fondazione Nuovi Mecenati,  Association Beaumarchais/SACD, Diunamai. Con il patrocinio del Servizio Culturale BCLA dell’Ambasciata di Francia in Italia.

 

Nel 2007 il testo, in versione ridotta, è stato presentato sempre in lettura scenica al Teatro Galleria Toledo di Napoli nella rassegna Orientamenti. Geografie del Tempo Presente. Teatro: Le Nuove Scritture. A interpretarlo: Agostino Chiummariello e Alessandra D’Elia.

 




L’inizio della pièce


Personaggi

 

LOUIS BAYLE detto LULLABY, 50-60 anni, padre di famiglia, vedovo e travestito

 

I suoi figli

DAN BAYLE, 30-35 anni, cercatore d’oro

IVAN BAYLE, 20 anni, cercatore d’oro

 

LAURIE, 20 anni, fidanzata d’Ivan

DOLORÈS, 25-30 anni, fidanzata di Dan

JUSTE, 30-35 anni, alla ricerca di una musa

 



 

PROLOGO

In una città che potrebbe essere Napoli.

Su una collina che sovrasta la baia, una di quelle estati in cui non si respira.

Ville lussuose, garage con allarme, campi sportivi recintati.

Strade strette e sinuose, marciapiedi disseminati di spazzatura e di cadaveri di gatti o di cani.

Talvolta, lungo i marciapiedi, si fermano delle automobili; dentro, ragazzi e ragazze fanno l’amore.

In estati come questa, non hanno scelta: finestrini abbassati; le loro voci invadono la collina, il Belvedere vicino, il cimitero, laggiù.

Negli angoli, va da sé, vengono spacciate sostanze a quelli che si fanno in altro modo.

Un venditore di dolciumi e di bevande fresche si domanda che ci sta a fare lì.

Quelli che, senza veicoli e affascinati dalla luna, vanno a spasso tenendosi per mano, farebbero bene ad accelerare il passo.

Durante le estati come questa, in notti come quella che inizia, non bisogna spingersi fin là.




 

ÉLÉONORE SANZ

Agosto.

Quella notte là.

Il cimitero.

Il caldo.

Ci saranno altri giorni, vedrete; giorni già passati: li riconoscerete –

Una bara è aperta. Terra rivoltata. Cadavere di una giovane donna.

Due uomini vestiti di pelle.

Due uomini di fretta.

 

DAN. Non con le dita, con le dita non arrivi a niente, non vedi che è ancora nuova? Prendi le tenaglie.

IVAN. Non posso. Alle donne, non posso cavargli i denti.

DAN. Questa è nuova.

IVAN. Sto male. L’odore, non posso più. Fa troppo caldo.

DAN. Prendi il mio foulard.

IVAN. Leviamoci dai piedi, Dan, ti prego.

DAN. Non se ne parla. Prendi il mio foulard.

IVAN. Però non voglio cavarle i denti.

DAN. Occupati degli anelli.

IVAN. Gli anelli sì, gli anelli vengono da soli.

DAN. Sbrigati.

IVAN. Tu t’occupi dei denti. Prendi le tenaglie.

DAN. D’oro, quanti?

IVAN. Due premolari. A destra.

DAN. Visto.

IVAN. Dan, non vengono.

DAN. Cosa?

IVAN. Gli anelli, non vengono.

DAN. Prendi il coltello. Taglia il dito.

IVAN. Non melo chiedere, oggi no. Allora preferisco cavarle i denti.

DAN. Levarle la collana, ti va a genio?

IVAN. Voglio andarmene. Fa troppo caldo. Il foulard non basta. Mi sento morire.

DAN. Tu non muori da nessuna parte.

IVAN. Soffoco.

DAN. Siediti e basta. Io cavo i denti, taglio le dita, tu fai il palo, ti va bene?

IVAN. OK. Bella la morta, non trovi?

DAN. Non ci provare, ti salta addosso.

IVAN. Non scherzare.

DAN. Vedi nessuno?

IVAN. Nessuno.

DAN. Asciugami il viso.

IVAN. Fatto.

DAN. Asciugami le dita.

IVAN. Sì, sì Dan.

DAN. Con questo facciamo trecentoquarantasette denti d’oro, settantatré collane, centoventitré bracciali, trentotto braccialetti, un centinaio di paia di orecchini e qualcosa come duecentoventi anelli. Senza contare le scarpe di coccodrillo.

IVAN. E i foulard Hermès.

DAN. Stì morti, vivono nel lusso.

IVAN. Non scherzare.

DAN. Ancora nessuno?

IVAN. Tranquillo.

DAN. Con quello in fondo è dura.

IVAN. Lascia perdere.

DAN. Cazzo, resiste.

IVAN. Come si chiama?

DAN. Chi?

IVAN. Lei.

DAN. Che ne so. Ti starà scritto sotto al culo.

IVAN. Éléonore Sanz.

DAN. Sta’ zitto, Ivan.

IVAN. Bello Éléonore.

DAN. Asciugami la fronte. Sta’ zitto.

 

Lungo il grande muro, laggiù, passa Dolorès. Incinta di sette mesi. Indossa un abito da sposa con lo strascico che scivola tra le pietre.

 

IVAN. Piangi?

DAN. Sei proprio stronzo. È sudore. Colpa dei buchi nell’ozono, l’ho visto in tv, dicono che col caldo e il freddo sarà sempre peggio, tutto si sregola. E io sudo, capisci?

IVAN. Mica c’è niente di male a piangere, dico io, anche per un uomo.

DAN. È sudore!

IVAN. Capito.

IVAN. Di cosa credi che è morta?

DAN. Me ne fotto.

IVAN. Comunque, la sua tomba fa schifo. Solo terra. Non voglio che mi mettano in terra, direttamente, cioè, nei muri della mia tomba voglio cemento armato, e la maiolica, i motivi arabi mi piacciono. Voglio che accendono le candele, che non lasceranno spegnere mai. Capisci, mai. Nemmeno una fiamma per dire che qualcuno si ricorda di te, è come morire un’altra volta.

DAN. Nessuno?

IVAN. Dan, è chiuso, non si fa vivo nessuno. Nessuno, tranne i cercatori d’oro.

DAN. Non scherzare.

IVAN. Cosa?

DAN. Sto per vomitare.

IVAN. Hai tirato via il premolare ?

DAN. Fanculo, Ivan. Non mi sento bene adesso.

IVAN. Mica ci sei andato leggero.

DAN. Non mi sento bene.

IVAN. Leviamoci dai piedi, vieni.

DAN. Mi sento morire.

IVAN. Dan, queste sono frasi mie.

DAN. Ivan, parlami.

IVAN. Di cosa?

DAN. Ho una botta di caldo.

IVAN. Io sto bene Dan, sto bene.

DAN. Non ti chiedo come stai, ti chiedo di dirmi qualcosa. Parlami della Svizzera.

IVAN. La Svizzera è un paese calmo e pulito con i pascoli verdi ….

DAN. Taglia corto.

IVAN. Ci leveremo da qui con i nostri gingilli dentro le valigie, laggiù in Svizzera dei nostri gingilli ne faremo banconote più verdi dei pascoli e un banchiere ci sbaverà dietro. Faremo investimenti finanziari a tassi super vantaggiosi. Compreremo degli chalet confinanti ai piedi delle piste, con telecamere di sorveglianza dappertutto. Il tizio responsabile del sistema video avrà la sua capanna in giardino, vicino alla funivia. Avremo le nostre mogli a portata di mano e ce la passeremo strabene. A Laurie comprerò dei fiori tutti i giorni, delle orchidee selvagge.

DAN. Avremo tutte le donne che vogliamo, fratellino.

IVAN. Mi basta Laurie.

DAN. Lascia perdere la tua piscialletto, ti ci vuole una bella svizzera ricca sfondata.

IVAN. Fanculo Dan, io amo solo lei.

DAN. Tu ritiri “fanculo”. Subito.

IVAN. Ritiro, d’accordo.

DAN. Stronzetto.

IVAN. Ritira “stronzetto”, se no dico a tutti che piangi quando strappi i denti ai morti.

DAN. È sudore!

IVAN. Laurie, io la porto in Svizzera, capito?

DAN. Se vuoi.

IVAN. Come va?

DAN. Meglio.

IVAN. Allora, ci leviamo dai piedi?

DAN. Sì!

IVAN. Tocca a te dire la preghiera.

DAN. Lo so.

IVAN. Sbrigati.

DAN. Lasciami solo con lei.

IVAN. Perché?

DAN. Prendi i gingilli. I denti, gli anelli, tieni, prendi tutto. Gli attrezzi, li asciughi. Sistemi tutto col resto. Non lasci niente in giro. Ti guardi alle spalle quando cammini sui viali. Ti guardi davanti. Sui lati. Non fare niente a caso. Ti raggiungo alla cappella.

IVAN. Sbrigati. Laurie mi aspetta per andare al cinema.

DAN. Fila.

 

Ivan fila via.

Dan si asciuga il viso col foulard pieno di sangue.

 

DAN. Ave Maria, piena di grazia….Porca troia, si crepa….Ave Maria piena di grazia, il Signore è con te…..

 

Ricompare Ivan.

 

IVAN. Dan!

DAN. Che gridi! Ivan, più piano! Cosa?

IVAN. Dan, un uomo!

DAN. Cosa? Dove?

IVAN. Al buio, un uomo, ha un ferro, Dan, l’ho visto, un ferro!

DAN. Fuori dalle palle! Non ho finito la preghiera.

IVAN. Sei scemo o cosa? Bisogna levarci dai piedi!

DAN. Fratellino, va’ a cambiarti!

IVAN. A cambiarmi cosa? Perché a cambiarmi?

DAN. Non discutere, ho capito. Non è la canicola.

IVAN. Dan, hanno aperto il portale. Dan ci sta gente….Dan, ci stanno Papà e Laurie. Dan, che cos’è?

DAN. Va’ a cambiarti.

IVAN. Perché a cambiarmi, porca miseria?

DAN. È il mio funerale, mi sa proprio.

IVAN. Il tuo funerale?

DAN. Fuori dalle palle ti dico!

 

Dan bacia Ivan sulla bocca.

Si sente uno sparo.

Ivan scompare.

Dan riprende la preghiera sulla tomba di Éléonore.

 

DAN. Ave Maria piena di grazia, il Signore è con te……

 



Estratto dal testo inedito in Italia Intorno alla mia pietra non farà notte di Fabrice Melquiot, traduzione di Simona Polvani, depositato presso la SIAE (Italia), la SACD (Francia) e l’Arche Éditeur, che oltre ad essere la casa editrice di Fabrice Melquiot, è anche il suo agente teatrale.

Per ulteriori informazioni o se foste interessati a leggere il testo integrale: sp@simonapolvani.com

Tutti i diritti riservati

 

Torno e ne faccio il periplo

Ritorno in luoghi frequentati

Una stagione

Torno in luoghi cari

È periplo di castello ancora

Come fu allora.

 

Cumuli

Di terra scavata

Pieni di buche

Sono le tane dei conigli

Che abitano questo territorio

 

Avere la corsa del coniglio sotto i piedi

Scappare quando c’è da scappare e non restare paralizzati come il cervo a guardare la propria fine venire sotto il colpo del fucile

Essere bestia e uomo

Convocare l’istinto primordiale

Ma per adesso il passo è solo

Camminare lungo il sentiero della recinzione

 

Il vento riempie le orecchie di rumori

Si gonfia di suoni questa landa all’apparenza silenziosa

Sono voci dall’aldilà fischiano ululano sussurrano

 

[“- Alice: Per quanto tempo è per sempre?

- Bianconiglio: A volte, solo un secondo.”]*

 

Non ti oppongo resistenza, vento

Divento arbusto albero fiore

Pendo paurosamente pendo

Verso la recinzione

Temo lo schianto

Una folata

Mi respinge indietro

 

Mi contorce e preme, il vento

Ormai segmentato il corpo

I mie rami piegati da una parte

Mi distrae il rombo di un aeroplano

Che altri porta lontano – Dove?

E un uccello solitario che opposto vola

 

Solo io dalle radici fragili rimango

I sensi intrappolati

Dal coniglio

Che ancora corre

Tutto cambia al muoversi

Di una nuvola

Sole irresistibile agli occhi

Ombra

 


Simona Polvani

(Testo per la déambulation sonore site specific “Le Pas du Lapin”, con Damiano Meacci, residenza di creazione, Château Éphémère, Carrières-sous-Poissy, 16-21 aprile 2016)
* Citazione da “Alice nel paese delle meraviglie” di Lewis Carroll




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non la resa, ma l’abbandono, il piede dice, puntato /

è compasso, a tracciare

lo sconfinato perimetro

dell’essere

tu in me,
 dell’accadere, io, in te


Simona Polvani, 2012

 

 

 

Simona Polvani - mani by Guido Mencari 2014

 

Cette année, avec le musicien électronique Damiano Meacci, nous serons en résidence au Château Éphémère – fabrique sonore et numérique avec notre projet PASSI / Errare è umanopour la création d’une performance sonore-poétique. Elle se propose de questionner l’acte de l’errance. Errer comme mouvement, élan originaire et vital, spatial et physique, temporel, intime et politique. Errare, qui veut dire aussi se tromper, mouvement à faux pas. Errer pour se perdre ou se retrouver, partir, migrer, pas nécessaire, profondément humain.

Un premier volet de notre résidence sera en avril (du 15 au 23 avril) et ensuite en octobre. (du 18 au 31)

Voici la présentation de notre projet dans le site du Château Éphémère, que nous remercions déjà pour nous avoir choisi.

http://chateauephemere.org/passi-errare-e-umano-simona-polvani-damiano-meacci/

 

Je tiens un journal de la résidence, 
quelques impressions traduites en quelques vers. 

Vous pouvez les trouvez à ce lien: 

01 / First day of PASSI residence

02/ Second day of PASSI residence

 

Photo: Guido Mencari | www.gmencari.com

 

 

Il y a du vide parfois,

du vide

même si le vide n’existe pas

comment se débarrasser du vide, autour, dedans, en dehors

d’un phénomène qui en nature n’existe pas

comment penser au plein, plein de tout

mouvement perpétuel, choc entrechoqué, sobre fusion
couleurs à tromper, à faire crever l’iris
et le recréer

imaginer – pas de froid, de givre, de glace,
pas l’image du vide

songer, songer au tout, se faire espace
et particule, se faire le tout
puis laisser      la main glisser
et      se poser

____________________________________________________________

Simona Polvani, 2016

Horizon. 2014 © Guido Mencari www.gmencari.com


 

Si schiudono i nidi

Di uccelli immaginari

Subito aprono

Le ali

Sono ora

Sopra la mia testa

Ora

Sopra l’oceano grosso

Di lacrime

Striato di scie

Di speranze tenute

Con i denti

 

Vola senza pena

Gonfio di salmastro

Tu, unica meraviglia,

Da additare per il bimbo

In traversata


 

 

Testo: Simona Polvani, Agliana, 20 settembre 2015

Immagine: Horizon. 2014 © Guido Mencari www.gmencari.com

 

Ma communication “Abandon et maintien, deux principes antagonistes et complémentaires à l’œuvre dans le processus de création théâtrale de Gao Xingjian” pendant la Journée d’étude “Abandon et Maintien dans le processus création collectif”, organisée par June Allen et Jeanne Laurent, avec les soutien de l’équipe EsPAS- Esthétique de la Performance et des Arts de la Scène, laboratoire de recherche Institut ACTE, Ecole des Arts de La Sorbonne, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 22 septembre 2018.

A suivre, “Maintien et abandon dans le processus de composition instantanée chorégraphique ; à l’œuvre dans les rapports de co-écriture et au ras de la production même du mouvement” de Marguerite Papazoglou

Modération : Philippe Guérin (École Nationale d’Architecture Paris-Val de Seine)

La Fuga - regia Lorenzo Montanini

Il testo teatrale Fuga, di Gao Xingjian, nella mia traduzione in italiano, e con la regia di Lorenzo Montanini sarà in scena l’11 e 12 maggio al Teatro Galleria Toledo a Napoli nell’ambito della rassegna “La Cina in Scena”.
Una bella occasione per scoprire questo testo che, scritto qualche mese dopo i fatti tragici di Piazza Tienanmen, parla della perigliosa lotta e conquista della libertà, nella tensione tra individuo, società e poteri dispotici, atti eroici e sopravvivenza.
Il testo è pubblicato dalla Titivillus.

Fuga 
di Gao Xingjian 
traduzione Simona Polvani 
regia Lorenzo Montanini
scene Francesco Felaco
con Riccardo Marotta, Carlotta Piraino, Diego Valentino Venditti

Per maggiori info

sullo spettacolo: https://galleriatoledo.info/cinainscena/

sul testo teatrale:  La fuga di Gao Xingjian | l’inizio del testo teatrale

 

Me voici dans CORPUS VIVANT, protocole performatif de l’équipe de recherche EsPAS, coordonné par Barbara Formis.

Dans ce cliché, pendant son activation durant les journées des Assises de la Recherche, à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne -Centre Saint-Charles, le 12 décembre 2018.

Avec Barbara Formis, Carole Douillard, Mélanie Perrier, Kahena Sanaâ, Diego Scalco, Jeanne Laurent, June Allen, Simona Polvani.

Photo: Polina Doubtshinskaya (grazie mille!)

Aujourd’hui c’est le premier jour de « Corps, Encore » (8-9-10 juin). 3 Journées de rencontres artistiques, performances, expositions, partages au Non Lieu de Roubaix, conçus par Eun-Young Lee-Park et Pascale Weber.

Moi je proposerai la conférence-performance “Démembrement et dépossession de soi, dans la dramaturgie de Gao Xingjian”. Ce sera le 9 juin, à 10h.

Pour plus d’infos: http://non-lieu.fr/

Vedi le nuvole in volo
– gli occhi appannati
Pensi – strane evocazioni vaporose –
Alle strie – chiamarsi anche connessioni –
D’amicizie vivaci
Le distanze incommensurabili
Non tengono quando un’apparizione
Invita i volti prediletti
Quel cirro che piacerebbe
A L
inda
L’occhio di vapore nel cielo
Come in quell’inchiostro a china di Gao
La curiosità all’orizzonte
C
ristina in ebollizione
Il nodo di brace infuocata laggiù
Nel fondo – catalizzatore di dubbi e cuore
Cyril inarrivabile
E la nebbia liscia e opaca
Tu, malinconica,
Da attraversare
in cerca degli aranci e dei rosa
Prima che la notte piombi a picco
Senza tregua

(5 giugno 2018)

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